Le Parti Libéral Constitutionnaliste Tunisien ou Parti du Destour et la revendication d’une constitution (mars 1920)

Parmi les principales revendications de ce Parti, fondé en mars-juin 1920, sous la direction du leader Abdelaziz Thaâlbi :

  • Promulgation d’une constitution reconnaissant au peuple le droit de gérer ses affaires par lui-même, sous l’égide de l’Etat husseinite.
  • Confier le pouvoir législatif à un Conseil Suprême, composé de Tunisiens et de Français élus.
  • Formation d’un gouvernement responsable devant l’Autorité législative.
  • Séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
  • Création de conseils élus, habilités à débattre et à décider, aux niveaux des régions administratives, des villages et des chambres commerciales et agricoles.
  • Mise en place d’un pouvoir judiciaire indépendant.
  • Reconnaissance de la liberté de la presse et de la liberté de constitution des associations.


Congrès de la Rue de la Montagne, du Parti du Destour
(12-13 mai 1933) :

Le groupe de «l’Action Tunisienne», qui s’est joint au Parti (Habib Bourguiba, Mahmoud Materi, Tahar Sfar et Bahri Guiga) a présenté les revendications suivantes :

  • Promulgation d’une constitution à même de consolider la souveraineté du peuple.
  • Institution d’un parlement tunisien, élu au suffrage universel.
  • Constitution d’un gouvernement responsable devant le parlement.
  • Indépendance des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
  • Garantie des libertés publiques pour tous les Tunisiens, sans distinction ni discrimination.


Le Nouveau Parti Libéral Constitutionnaliste Tunisien, ou Parti du Néo Destour :

La lutte pour la souveraineté et l’indépendance (1934-1956)
* Le Congrès de Ksar Helal (2 mars 1934)
* Réaffirmation des revendications formulées dans le programme du Groupe de «l’Action Tunisienne», au Congrès de la Rue du Djébel (12-13 mai 1933), à savoir :
- Un parlement tunisien élu ;
- Un gouvernement responsable devant ce dernier ;
- Séparation des pouvoirs ;
- Respect des libertés publiques.
* La première bataille contre le Colonialisme, sous la conduite du Néo Destour (3 septembre 1934 - 25 avril 1936).
* Déclenchement de la deuxième bataille anticolonialiste : Evénements des 8 et 9 avril 1938.


* De grandes manifestations sont organisées, réclamant la souveraineté pour le peuple, un parlement tunisien et un gouvernement national.
* Le Congrès de Dar Slim (17 octobre 1948) :
Parmi les principales revendications de ce congrès :
- Non à un gouvernement factice, qui ne tire pas son autorité du peuple.
- Non à une assemblée factice, élue par des moyens déformés.
- Permettre au peuple de jouir de ses libertés et de concrétiser ses aspirations communes.
* Le Congrès de la Nuit du Destin (23 août 1946), avec la participation de toutes les composantes du mouvement national, au premier rang desquelles figurait le Parti du Néo Destour : Réclamation de l’indépendance totale.
* Une lutte âpre est engagée, au début des années 1950, entre les nationalistes et l’autorité coloniale. Le Parti entreprend des préparatifs en vue de la bataille décisive contre le colonialisme (juin 1950 – janvier 1952).
* Principales composantes du projet de réformes en 7 points, présenté par le leader Habib Bourguiba au gouvernement français, le 12 avril 1950 :
- Mise en place du pouvoir exécutif tunisien, appelé à veiller à la préservation de la souveraineté tunisienne.
- Formation d’un gouvernement purement tunisien, responsable de la sécurité publique et dirigé par un grand ministre qui assure la présidence du Conseil des ministres, de façon effective.
- Suppression de la fonction de Secrétaire général du Gouvernement.
- Suppression de la Gendarmerie française.
- Création de conseils municipaux élus, au sein desquels seraient représentés les intérêts français, là où existaient des minorités françaises.
- Création d’un Conseil national élu au suffrage universel, ayant pour mission première de procéder à l’élaboration d’une constitution démocratique, organisant les relations entre la Tunisie et la France sur la base de la reconnaissance de la souveraineté tunisienne et des intérêts communs de la France.
* La troisième bataille contre le colonialisme (18 janvier 1952 – 31 juillet 1954) :


- Appel du leader Habib Bourguiba à la lutte armée (Bizerte, 13 janvier 1952).
- Tenue du Congrès du Parti, le 18 janvier 1952, et arrestation des dirigeants du Néo Destour.
- Combats et résistance.

* Le Congrès de Sfax (15 novembre 1955) : Adoption de la ligne politique du leader Habib Bourguiba, concernant l’indépendance et la souveraineté nationales.

* Parmi les revendications du Congrès :
- Organisation d’élections générales démocratiques.
- Election d’une Assemblée Constituante appelée à mettre au point un système de gouvernement fondé sur la monarchie constitutionnelle.
- Le peuple est la source de la souveraineté nationale. Celle-ci est exercée, en son nom, par un parlement élu au suffrage universel direct.

* 29 décembre 1955 : Sur demande insistante du leader Habib Bourguiba, Lamine Bey procède à la signature d’un décret portant création de l’Assemblée Nationale Constituante, réclamée par le Congrès de Sfax. Cette assemblée sera élue directement par le peuple et aura pour tâche d’élaborer une constitution pour le Royaume.