Le Changement :
La Tunisie n’était pas à l’abri des soubresauts politiques, sociaux et économiques qui se produisaient dans le monde, et qui ont pris une ampleur particulière vers le milieu des années 1980.
L’âge avancé du président Habib Bourguiba, la détérioration de son état de santé et son incapacité à assumer les charges de l’Etat, rendaient la situation encore plus délicate. Dès lors, le pays se trouva confronté à une grave crise politique et sociale, qui s’est traduite, notamment, par un grippage des rouages de l’Etat, la déviation du parti au pouvoir des principes qui l’ont fondé et la perte de confiance en l’avenir, à cause de la soif de pouvoir de certains et de la lutte pour la succession.
D’un autre côté, ces années-là ont été marquées par une aggravation de l’extrémisme religieux qui constituait un sérieux danger pour la cohésion, l’unité, la sûreté et la sécurité de la nation, dès lors qu’il semait les germes de la sédition et du déchirement et menaçait de jeter le pays dans le brasier de la guerre civile.
Pour sa part, l’économie était –le moins qu’on puisse dire- au bord de l’effondrement.
Au plan extérieur, l’image de la Tunisie auprès des instances internationales s’est ternie. Les observateurs, ainsi que les amis, étaient unanimes à estimer que le pays courait de grands dangers et faisait face à des crises aiguës.
Le 7 novembre 1987, le président Zine El Abidine Ben Ali, alors premier ministre, répondant à l’appel du devoir national, entreprit de sauver la patrie de cette périlleuse situation et, agissant conformément à l’article 57 de la Constitution, décida d’assumer les charges de la magistrature suprême.






