La Constitution du 1er juin 1959 peut être considérée, du point de vue historique, comme étant la troisième du genre à avoir été promulguée dans le pays, après la «Constitution de Carthage» et la Constitution de 1861, plus connue sous l’appellation de «Pacte Fondamental».
La Constitution de 1959 a consacré le «régime présidentiel». Ce choix est loin d’être fortuit. En effet, selon Ali Belhaouane, rapporteur général de la Constitution, l’Assemblée Nationale Constituante a opté pour le régime présidentiel, parce qu’il garantit la stabilité du gouvernement, d’une part, et l’efficacité de la prise des décisions, d’autre part.
Le régime présidentiel se distingue, par rapport aux autres régimes politiques, par les caractéristiques suivantes :
- Election du président de la république par le peuple : Il s’agit, là, d’une caractéristique essentielle de tout régime présidentiel, en ce sens que le président de la république tire son autorité directement du peuple et non du parlement, comme c’est le cas dans les régimes parlementaires.
- Un pouvoir exécutif unicéphale, excluant la présence d’un président du conseil.
- Une séparation décisive des pouvoirs : Le régime présidentiel est fondé sur la séparation décisive entre les pouvoirs, c’est-à-dire sur la base de la séparation organique et de la séparation fonctionnelle. Le président de la république est élu par le peuple, au même titre que le parlement. C’est lui qui désigne les ministres et les démet de leurs fonctions, selon ce qu’il juge convenable.
Le rôle du président consiste à exercer le pouvoir exécutif. Quant au parlement, son rôle consiste à exercer la fonction législative.
Avant le Changement du 7 novembre 1987, plusieurs amendements ont été apportés à la Constitution. On en retiendra, notamment, l’amendement en date du 8 avril 1976, qui a instauré le pouvoir exécutif à deux composantes et introduit la possibilité du recours à la motion de censure et à la dissolution de la Chambre des Députés. Mais cet amendement n’a touché, en rien, à la nature même du régime présidentiel. Le président de la république est, en effet, demeuré au centre du pouvoir exécutif. C’est lui qui désigne les membres du gouvernement et c’est lui qui les démet de leurs fonctions. L’aval de la Chambre des Députés n’est pas requis pour la validation de la formation gouvernementale, contrairement à ce qui est en vigueur dans le régime parlementaire.





